L'Une & L'Autre
L'OR DU TEMPS
“Quelques semaines auparavant j’avais reçu par la poste un paquet contenant quatre bobines de films Super 8. Les films avaient été réalisés rue Saint-Jean, au temps où nous étions lycéens.
En les regardant il m’avait semblé que ces images émettaient un signal. Comme des balises de détresse. Guidé par ce signal j’avais accepté le rendez-vous fixé par Paul Bauer.”
DEMAIN, DÈS L'AUBE
“Sur une plate-forme tracée de lignes fluorescentes, une jeune femme apparaît, ombre précaire, dans la lumière des projecteurs. Elle tient des tracts dans ses mains.Tandis qu’elle s’avance vers le vide, les faisceaux strient l’espace. Elle dit: ...”
Sciences caduques
Il est des sciences que l’Histoire a laissé tomber dans l’oubli : psychologie potagère, traitement de l’aniapathie, micro-zoologie empirique, sociologie orphanique... qu’il convient aujourd’hui d’exhumer afin de rendre hommage à leurs défunts concepteurs.
En trois récits, une vision romanesque et truculente sur la médicalisation et une science qui la ramène, relatant avec une certaine cocasserie la polarisation, parfois déconcertante, portée à la nature de nos maladies et de nos humeurs. (Lire attentivement les posologies !)
L'ACHETEUR DE TEMPS
Un jeune de la banlieue a quitté sa cité. Il gagne sa vie à Port-au-Prince en revendant à des riches du temps qu'il achète à des pauvres. Job dangereux... “L’Acheteur de temps”, roman picaresco-philosophique, est écrit dans une langue parlée, scandée comme un slam. Entre un pays riche et un pays pauvre, on y redécouvre avec ironie le capitalisme, celui qui ne marche pas. On y regoûte aussi avec tendresse au sens des autres.
LA TORTUE
“Nous avons cru en l’amour et en la révolution ? et tout cela s’est dissipé ‘comme un fantôme, qui, nous ayant donné quelque espèce de consentement pendant qu’il demeurait avec nous, ne nous laisse en nous quittant que du trouble’ ? Ma conclusion là-dessus reste opposée à celle de Flaubert : nous avons eu raison. Je crois de toute mon âme que viendront d’autres générations, avec des jeunes gens épris de justice qui s’ébattront dans l’innocence et la délicatesse. Ils ressembleront à ce que nous fûmes trop brièvement.”
LE MANTEAU
Les années soixante-dix. Un enfant naît dans le tumulte joyeux de ces “années folles” où pour l’enfant roi qu’il personnifie la vie est synonyme de liberté, sans qu’il lui soit pour autant permis d’y trouver la stabilité et le bonheur souhaités. Dans son adolescence, l’achat, aux Puces, d’un manteau qui, au cours du temps, et jusque dans son âge adulte, perpétue le “doudou” dans les plis duquel il se réfugie afin d’y trouver le réconfort et d’y emmitoufler son mal-être, un manteau qui, à son image, s’use et se délite jusqu’à la trame, et en vient un jour à perdre, pendouillant et ne tenant plus qu’à un fil, son dernier bouton...
LE VOYAGE D'ICARE VALVERDE
Aigle doré, gerfaut, ermite balafré, phaéton, colibri tacheté, loriquet arc-en-ciel, engoulevent, bruant des neiges, émeraude à queue courte : suivant le mouvement d’oiseaux impensables, migrant d’un continent à l’autre, Icare Valverde parcourt les terres lointaines, s’imprègne de leurs couleurs de feu, de leurs senteurs suaves et épicées, de la sourde magie de leur paysage, de la touffeur de leur climat.
SUR L'EAU IMMOBILE ET NOIRE
La mort n’est jamais loin, frôlant ou arrachant les vies… Les morts plutôt – de passion, de faim, de guerre, d’accident, en série, volontaire, etc. – toutes avec ce même masque de kaolin et de charbon. Et si l’on pouvait leur parler, leur tenir tête, les insulter même, et leur arracher enfin leur sinistre masque ?
BARRES FLEXIBLES
Wilfride Piollet remplace l’appui horizontal et sécurisant de la main posée sur la barre traditionnelle par un appui imaginaire fixé alors en point d’attention. Sensibilisation à la gravité, ce point permet les ajustements dynamiques d’un axe ouvert.
SOURIRES ET GRIMACES
Faire l'amour est un art difficile ;
Tout comme on peut comparer – à l'avantage de l'une et au désavantage de l'autre – la peinture à l'huile à la peinture à l'eau, on peut aussi constater que le bâton de vanille est bien meilleur que la sucette à l'eau. Hélas, la réalité n'est pas toujours à la mesure de l'espérance, et au lieu de s'en prendre plein le cul dans un bienheureux débordement, on s'en prend plutôt plein la gueule.